mardi 25 juin 2013

Où il est question d'Eurodisney, d'Astérix, et des voyages scolaires.

Ami lecteur, réjouis-toi... Car il me vient une cause à défendre, qui me semble juste. Elle ne l'est peut-être pas, et on peut en débattre... L'histoire que je vais te raconter est un symptôme, parmi d'autres, d'un monde qui perd un peu la boule.

Par choix, par facilité, par tradition familiale, mes enfants sont scolarisés dans l'enseignement officiel, lequel est censé être si pas gratuit, du moins prévu pour être accessible à tous. Cela fait 15 ans que mes enfants fréquentent cet établissement du centre ville,réseau public, de la Communauté française. Je ne suis pas sûre que cette école ait toutefois toujours bien compris sa mission.

Tu sais, ami lecteur, si tu viens souvent ici, que j'ai un travail, avec un salaire tout à fait correct, et le papa de mes enfants aussi. Notre mode de vie (divorce avec garde alternée) est plus coûteux qu'une vie "classique" de parents mariés n'ayant qu'un logement à payer, ce n'est pas facile tous les jours, mais nous ne sommes pas non plus dans la plus grande difficulté, et certainement pas les seuls dans ce cas.

Il y a un an, l'école proposait pour N°2, qui terminait sa 6e primaire, une excursion scolaire de 2 jours/1 nuit à Eurodisney, pour la modique somme de 175 euros.
J'ai réagi. Vertement. Il m'était tout simplement impossible de débourser une telle somme, d'autant que les vertus pédagogiques du projet me laissaient vraiment dubitative.  (Tu le vois, le projet démocratique et pédagogique ? Tu le vois bien ? Si tu ne le vois pas, il y a en bas de ce billet, copie du courrier que j'ai envoyé à la directrice, courrier qui détaille plutôt bien ma façon de penser.)
Je n'ai pas été la seule à me fâcher tout rouge. D'autres parents se sont exprimés, notamment dans la presse. Un politicien a eu vent de la chose, il y a eu question parlementaire, la ministre a diffusé une circulaire rappelant les objectifs et conditions des voyages scolaires, et tançant l'école pour son manque de discernement.
Pour comble d'humiliation, je peux le dire maintenant, un parent d'élève était venu me trouver, me proposant de payer le voyage de ma fille, par charité d'âme... Je ne doute pas des bonnes intentions de ce monsieur, mais cela ne levait en rien mon objection idéologique : non, l'école publique n'a pas à proposer des voyages scolaires à des prix pareils, et non, Eurodisney n'est pas du tout la destination idéale pour un voyage scolaire !
 Toujours est-il que toute la classe est quand même partie à Eurodisney, et que ma fille m'en veut toujours, un an après, de l'avoir privée de ce merveilleux voyage.

Pour information, la directrice n'a jamais pris la peine de répondre à mon courrier. Il a fallu que je prenne un rendez-vous et que j'aille la voir pour qu'elle réagisse. Regrettant , mais arguant que des promesses avaient été faites aux enfants par la directrice précédente pour justifier le maintien du voyage.

Fin du chapitre 1er. 

Ce jeudi 20 juin, N°3, qui termine sa 5e primaire, est revenue de l'école avec un courrier de la directrice - la même- proposant qu'en juin prochain, du 21 au 24 (compte pas, lecteur : ça fait 4 jours et 3 nuits), les enfants de 5e et 6e années partent à Poitiers, visiter un zoo, le Futuroscope, le Puy du Fou et le parc Astérix (...oui, oui, oui, tu as bien lu, LE PARC ASTERIX) pour la modique somme de
275 euros !
Mais que bien sûr, nous pouvions dés à présent échelonner nos paiements, et patati, et patata.

Je t'explique un peu plus ou tu as déjà compris ? J'ai pris mon clavier chéri, et ai écrit à la dame, le soir-même, soulevant que peut-être, sans doute, il y avait erreur et sur le prix, et sur la destination...  Et puis encore le lendemain, pour lui parler de la Belgique et des tarifs de la SNCB, moins chers qu'une location de car, du PASS de Mons, du Château de Bouillon, des Auberges de Jeunesse qui proposent des séjours pour les écoles à 150 euros les 5 jours et 4 nuits, activités, logement et repas compris.

Et tu sais quoi ?
N°3 m'en veut à mort de la priver de ce merveilleux voyage si démocratique et si pédagogique, (non mais le Parc Astérix, quoi). Et, cinq jours plus tard,  la directrice n'a toujours pas répondu à mon mail. Elle a toutefois déjà fait des remarques à ma fille... en soulignant que le Parc Astérix, ce n'était qu'un jour parmi les 4, et qu'elle ne comprenait vraiment pas pourquoi je rouspétais encore...

Et toi, lecteur, que ferais-tu à ma place ?

Si tu veux, dans le billet suivant, tu peux lire l'intégralité des courriers que j'ai écrits à l'école. 
Mais tu n'es pas obligé, n'est-ce pas ?


Courriers adressés à l'école

Courrier à la directrice, relatif au voyage à Eurodisney.

Namur, le 10 juin 2012.

Madame la Directrice,

Si vous saviez ce qu’il m’en coûte, Madame la direcrice, de dire non à ma fille.
Nous ne nous connaissons guère, et pourtant je côtoie xxxxxxx de Namur depuis 14 ans, maintenant.  Mon fils aîné, xxxxx, que  vous n’avez pas connu, est entré au lycée pendant l’année scolaire 98-99. Ses sœurs fréquentent actuellement encore votre établissement. A. est en 4e année, et B. en 6e. Tous ont participé au projet d’immersion, depuis sa création. J’ai rarement eu à me plaindre de l’enseignement qu’ils ont reçu, de grande qualité, tant humainement que scolairement. Mme X, Mme V., Monsieur F. font partie de ces enseignants qui donnent envie d’apprendre et marquent une vie…

Pourtant, je me dois de vous faire part de mon chagrin en tant que mère, et de ma stupéfaction, lorsque ma fille est arrivée un soir de mars, le 14 exactement, avec un document proposant comme voyage de fin d’année, que dis-je , de fin d’études primaires, deux jours à Eurodisney  pour la somme de 170 euros.

Vous ne savez pas ce qu’il m’en coûte de lui avoir dit non. Tout d’abord parce que c’est trop cher, tout simplement. Je gagne ma vie correctement : je gagne 1950 euros par mois. Etant divorcée avec garde alternée des enfants, j’ assume le loyer d’un logement pouvant les accueillir au quotidien, les charges et frais divers, cela me coûte environ 1200 euros par mois. Je ne reçois pas de pension alimentaire, puisque nous avons une garde alternée.  

Il me reste donc 750 euros pour nous nourrir, nous habiller, nous déplacer, et vivre, tout simplement. Je ne fais pas de dépense excessive. Je vis simplement, et j’essaie d’apprendre à mes enfants que l’on peut être heureux de la sorte. Je privilégie les fous rires aux cadeaux coûteux, et le plaisir d’un gâteau cuisiné ensemble à un fast-food que je ne peux leur offrir.  Mes enfants ne manquent de rien, nous avons juste assez pour vivre, et bien que conscients des privations, nous trouvions assez de bonheur dans nos vies pour ne pas être trop affectés par les restrictions.

Vous le savez, les divorces sont légions, l’exception désormais, c’est l’enfant qui a ses deux parents ensemble. Vous le savez, les loyers sont élevés, et la vie chère. Et je suis encore une privilégiée : j’ai un métier passionnant, un salaire correct, et un sens de la débrouille assez développé. Tous n’ont pas ces atouts. Sans doute que des dizaines d’enfants dans votre école sont dans la même situation que ma fille.

Les miens sont, par choix, scolarisés dans l’enseignement officiel, enseignement que l’on nous dit gratuit. Mais gratuit est relatif, nous le savons bien : frais scolaire, garderie…  D’ailleurs, savez-vous que mes filles ne la fréquentent quasi plus, sinon cela m’en coûtait 50 euros par mois ?

Les activités diverses que vous proposez, piscine, bibliothèque , cinéma,  sont essentielles. Le prix Versele aussi. Les billets de tombola et la marche parrainée où l’on me force à mettre la main au portefeuille encore et encore me sont beaucoup moins sympathique, mais soit, je peux comprendre, je fais l’effort.

Et puis, il y a les voyages scolaires. Passons sur le fait que « de mon temps », on partait en classes vertes ou en classes de neige une fois sur sa scolarité, et qu’on économisait toute l’année pour les financer. Ne tombons pas dans la pseudo nostalgie, même si elle n’est pas dénuée de bon sens.

L’an passé, il y a eu ce voyage en Espagne, qui nous a couté au final pas loin de 300 euros, entre l’argent de poche, les frais de voyages, et le rhabillage en mode « plage » quasi exigé. L’argument de ma fille était bien rôdé : « c’est très important maman, car tout le contenu pédagogique de l’année prochaine sera construit sur ce voyage… Si je n’y vais pas, je ne comprendrais rien en classe, et je serai la seule à rester »…   Alors, oui, j’ai cédé, et je lui ai dit que ce serait exceptionnel, que je ne pourrais pas refaire le même effort l’année suivante, qu’il fallait qu’elle en soit consciente. Et que son insistance, celle des professeurs, m’obligeait à restreindre toute une série d’autres postes du budget, mais pour qu’elle puisse en profiter, je l’ai fait de bon cœur. L’effort consenti était conséquent : la même année, son frère partait aussi en voyage, obligatoire lui aussi, aux Pays-Bas et en Angleterre. Avec une épargne dans les mois qui précédaient, pour pouvoir payer.

Mais pour ce voyage à Eurodisney, j’ai dit non. Non car c’est ahurissant, dans un monde où j’essaie de leur inculquer le sens des réalités, de leur faire prendre tout doucement la mesure du coût de la vie, de dépenser 170 euros pour même pas 48h de voyage vers une destination qui ne lui apprendra rien qui soit en accord avec cela.Et je suis triste, parce que pour le tiers de ce prix ils auraient pu faire un voyage à la mer de deux jours aussi, et faire tout autant le plein de souvenirs.

Il m’en coûte pourtant, Madame la Direcrice, parce que c’est la dernière occasion pour ma fille de faire un voyage avec ses camarades de classe, dont beaucoup quitteront votre école l’an prochain. Elle restera pourtant.
Il m’en coute parce qu’il y a trois jours, bien que j’ai expliqué mon refus de laisser B. participer à ce voyage pour des raisons financière, une personne de votre école m’a appelée, en insistant, me disant qu’il y avait un désistement, et que ma fille pouvait profiter de ce voyage , moyennant espèces sonnantes et trébuchantes, et que j’ai dû réexpliquer que c’était au-dessus de nos moyens.

Il m’en coute parce qu’un parent d’élève, informé par sa fille de mes difficultés, s’est proposé pour offrir ce voyage à Flore, généreusement. Et que je ne peux accepter parce que cela lui apprendrait quoi, finalement ? Et sera-t-il là pour payer le même voyage à ma plus jeune fille, quand dans deux ans, l'aîné sera à l’université et que nos moyens seront encore plus limités ? Où est l’équité ?

Il m’en coûte parce qu’il y a un mois à peine, ma fille faisait sa fête laïque, et qu’elle y jouait merveilleusement une Alice qui découvrait le monde des adultes, et décriait ces valeurs biaisées par l’argent, par le monde moderne et la société de consommation. Et qu’à peine un mois plus tard, les sirènes de ce monde lui font tourner la tête, et qu’elle en est la première victime, avec des projets aussi chers que celui que vous avez choisi de nous proposer.

Si vous saviez, Madame la directrice, comme il m’en coûte de devoir dire non à ma fille, et que ce sera à moi qu’elle en voudra de la priver de ce plaisir. Que si simplement, vous aviez opté pour un réel projet pédagogique, qui tienne compte de la réalité économique, de la crise que l’on sent cruellement quand on est parent isolé.

Mais voilà il m’en coûte, Madame la Directrice, de dire non à ma fille. Et je tenais à ce que vous le sachiez. Non pas pour que vous nous fassiez l’aumône. Mais pour que, peut-être, l’an prochain, au moment de choisir des activités, vous teniez compte de cette réalité que je vis aujourd’hui, et que des dizaines de parents rencontrent.

J’espère que vous mesurez un tout petit peu la crise qu’a déclenché  ce choix peu heureux de proposer un voyage de 36h à Eurodisney pour la somme de 170 euros. Je ne suis pas fière de cette situation, mais je tente de rester digne. J’espère, Madame la Directrice, que vous aurez à cœur de ne pas faire peser sur mes filles l’insulte d’un regard noyé de pitié, là où, malheureusement, il n’y a qu’une réalité des plus communes.

Avec mes salutations les meilleures, car c’est tout ce que j’ai à vous offrir,

Mme V.

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Courrier à la directrice, relatif au voyage à Poitiers.

Namur, le 20 juin 2013. 


Madame , 

A. est revenue ce jour avec une proposition de voyage scolaire à Poitiers en juin prochain. Ce document mentionne un voyage de trois nuits / quatre jours, pour un montant de 275 euros. 
N'y a-t-il pas une erreur de prix ? Cela me semble terriblement élevé. 
Vous le savez, les temps sont difficiles pour tout le monde, et avec trois enfants scolarisés dont un rentre cette année en supérieur, chaque dépense excessive met tout le budget familial en péril. 
D'ailleurs, 275 euros, c'est à peu de choses près le montant du minerval de mon fils en baccalauréat. Si je dois choisir entre le voyage et le minerval, je n'hésiterai pas une seconde. 
De plus, A.nous dit qu' "il suffit d'économiser 20 euros par mois."... Il suffit ? Merci pour cette formule malheureuse. 
Chaque mois, nous payons, pour A.uniquement, environ 60 euros de dîner, 17,5 euros de garderie, les frais scolaires, le matériel, et, bien sûr, le pédopsychiatre qui nous a été conseillé par le pms à concurrence de 75 euros par semaine remboursé 58. 
A votre avis, quelle dépense dois-je supprimer pour économiser 20 euros par mois ?

Il me semble fou, alors qu'il y a un an à peine, un voyage scolaire à Eurodisney pour un montant de 175 euros pour deux jours était sévèrement condamné par la ministre, la classe politique, la presse, et certains parents, à peine un an plus tard donc, vous proposiez sans hésiter un voyage à 100 euros de plus, pour aller ... au Parc Astérix ?

Dites, est-ce bien sérieux ? 

Je ne peux donc que conclure qu'il s'agit d'une erreur d'évaluation, et que celle-ci sera corrigée bien vite. 

Bien à vous, 


Madame V.
Maman d'A.
et fréquentant le XXXXX de Namur depuis 15 ans, 
et me demandant vraiment si mon salaire
est suffisant pour offrir l'école publique, prétendument gratuite, à mes enfants. 

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Deuxième courrier à la directrice, relatif au voyage à Poitiers.

Namur, le 21 juin 2013. 

Madame, 
En complément de mon mail, je me permets de vous envoyer cette brochure, éditée par les auberges de jeunesse. http://www.lesaubergesdejeunesse.be/IMG/pdf/LAJ_brochure_activites_groupes_2014.pdf
Vous y trouverez deux propositions de séjours, parmi des dizaines, à moins de 170 euros pour trois nuits et quatre jours, activités, encadrement, repas et transports compris. 
Mons (page 40) propose un superbe programme à vocation scientifique, en collaboration avec le PASS. à 149 euros par personne. + l'aller retour en train (maximum 10 euros par enfant) 
Bouillon (page 10) propose un séjour inspiré par son château et la thématique médiévale, qui serait également un écho parfait au cours des enfants, qui étudient ce moment de l'histoire. Ce séjour, de 5 jours coûte... 165 euros. 

N''est-ce pas tout aussi intéressant, en 6e primaire, de découvrir les richesses de notre région, à coût plus raisonnable ? 
Je suis certaine que d'autres formules existent, qui peut-être répondront aux légitimes aspirations de dépaysement des enfants et des enseignants, sans pour autant ruiner les parents. 

Bien à vous, 



jeudi 22 mars 2012

Les percussions magnifiques

J’ai beaucoup pensé, j’ai trop pensé peut-être, mais je devais comprendre. En fait, je crois que je ne comprends pas les gens. Les autres. Les humains.

J’ai cette aspiration à la joie, cet appétit des petits bonheurs, ce besoin vital de trouver le beau en chaque fait, en chaque étape, en chaque création ou situation. Emerveille… C’est cela :

Un jour, j’ai choisi que la vie m’émerveille. 

Grammaticalement, c’est pauvre. Mais je ne peux le dire autrement. C’est moi, le besoin du beau me nourrit, me tient debout, m’anime. La quête de cette complicité parfois si fragile autour d’un instant rassembleur.

Alors, tu vois, parfois, je doute. Parfois ce que je vois est moche et je ne trouve pas l’étincelle, cela m’attriste. Parfois, peut-être je m’habitue ou je ne vois plus, le beau devient ordinaire, et je m’attriste. Parfois, j’entrevois le beau et puis plus rien, et j’en voudrais plus, j’en voudrais encore, mais rien ne vient, j’essaie, maladroitement parce que je ne sais pas parler, d’inviter à, de proposer que, d’initier, de tisonner, mais non.

Alors tu vois, parfois je doute.

En même temps, tu sais, j’ai une chance insolente. J’ai eu la chance au fil de mes vies – les chats en ont sept, qui se suivent les unes après les autres, moi j’en vis plusieurs de front, tu sais bien – j’ai eu la chance donc, de rencontrer des personnes magnifiques, de ces humains précieux qui par ce qu’ils sont, font ou disent, par ce qu’ils vivent ou par leur regard sur le monde, m’ont appris mille chose, ou m’ont confortée dans cette espérance en l’humain, certes parfois fragile, mais toujours là, au fil du temps. De ces humains auxquels je repense toujours avec une grande tendresse, qu’il s soient désormais du passé ou bien présents dans mon quotidien. J’ai reçu de belles leçons de vie, et aussi quelques claques, mais tant de bonheurs, que je ne peux pas rester dans le doute trop longtemps, cela m’est juste impossible. Et pourtant…

Pourtant il m’arrive encore de m’emballer, et puis de m’en mordre les doigts, il m’arrive d’être déçue, parce que les précieux ne sont tout de même pas légion, il m’arrive d’être déçue et de ne pouvoir passer outre la déception. Alors que je suis la première à réclamer le droit à la faille, à la fragilité, à l’imperfection, au relâchement parfois. Nous ne sommes pas des super-héros, nous avons droit à l’erreur ! Je me plante assez souvent que pour obligatoirement intégrer cette, comment dire, ce n’est pas une marge d’erreur, c’est une dose d’humain, quelque chose d’inévitable et de pardonnable, qui ne remet pas en question la globalité de la qualité de l’être, mais autorise à être faillible. Je suis faillible, tu l’es, et nous en avons le droit ! Le droit de trébucher, voilà. Mais nous avons, envers nous-même surtout, en tout cas je me l’impose à moi, le devoir de se relever, après avoir trébuché. Et j’apprécie particulièrement chez mes proches cette même exigence, non pour l’autre, mais de soi à soi. C’est quelque chose qui me touche, qui m’émeut. Un ami, un enfant, un proche qui trébuche et se relève, j’ai envie de me mettre à côté de lui, d’être juste là, un peu comme une main qu’on saisirait au moment de donner le petit coup de rein nécessaire pour se remettre debout…

Et parfois, malgré cela, je ne peux passer au-dessus des petites et grandes lâchetés. Parfois je suis déçue, ou je suis en colère de ces peurs qui nous empêchent d’avancer, de grandir. Parfois je voudrais secouer les cocotiers, taper du pied ou crier fort. De quel droit, je me le demande, je n’ai pas plus raison que vous, elle ou lui. J’ai un regard sur le monde dans lequel je vis, comme chacun, mais je ne prétends nullement avoir le savoir, la solution ou la vérité. Je cherche, c’est tout. Et parfois je pense trouver un début de piste, un petit bout de vérité de vie, une miette de sens, et je voudrais le partager, et je voudrais vous dire : « Peut-être qu’on pourrait chercher par là ? » … mais je suis timide, je souris et je me tais. Ou je dis autrement, à un mur vide par exemple. (Toi qui me lis, laisse-moi un commentaire, j’aurai l’impression que le mur est moins vide.)

Et pareillement, je ne sais pas réclamer, exiger, dire : « hé, mon gars, madame, mademoiselle, j’ai pris de mon temps pour toi, je t’ai donné quelque chose, tu peux dire merci ? ». Et encore, merci, c’est un bête exemple, comme ça… J’ai parfois la rancœur d’avoir perdu mon temps. D’avoir pris sur moi parfois, pour faire ou dire, pour agir, pour créer, pour donner à l’autre, quel qu’il soit. Et rien, que dalle. C’est con, on va pas faire un drame pour ça, tu sais les écorchés ils donnent toujours. Et on dit aussi que donner, c’est pas pour en obtenir quelque chose en retour, non… C’est plus beau quand c’est gratuit, désintéressé, tout ça. Bien sûr. Mais un merci, parfois, ça ferait plaisir. Ou tu sais, quand tu faillis, que tu sais que t’as merdé un truc, dire « Excuse-moi », et expliquer plutôt que fuir… Ce serait bien. Mais je m’égare, je fais ma grande râleuse, alors que mon propos était tout autre, aujourd’hui. Disons que c’était la parenthèse caractère de cochon (mais je la laisse, tout de même, parce que vraiment, je le pense, crotte.)

Mais non, aujourd’hui, je voulais dire la joie. La joie de ces rencontres magiques, que la vie m’offre au fil du temps, et la saveur pétillante, et les élans de créativité qu’elles éveillent. Je voulais dire l’importance de ces moments de percussions humaines, quand, au détour d’une ruelle, dans une expo ou de l’autre côté de l’appareil photo, en buvant un café ou en mangeant une pizza, je suis face à des humains magnifiques, de ces êtres émouvants et brillants souvent, et que mon jour s’illumine. Ces petites heures ou ces années de vie que nous partageons sont ce qui me tient debout, ce qui me nourrit, ce qui me permet d’écrire, de créer autre chose, de regarder le monde avec le sourire.

Pour cela, ces croisements éphémères ou ces histoires au long cours, merci.

mercredi 21 décembre 2011

Les carrefours.

Alors tu vois, ça fait comme un coup de blues. Une acceptation un peu triste de ce qui est moi, de ce que je ressens comme une injustice, et que je voudrais accepter comme un cadeau.
Etre celle qui éveille l'envie. C'est ma route.
Par les mots, le travail graphique ou littéraire, le regard ou la rencontre, je me sens étincelle. Je donne l'envie, parfois j'aide à rallumer le feu des passions, ou de la créativité... J'écris ces brasiers, je les partage en retour, avec d'autres. Mais je ne suis pas au coeur du feu. Le feu, c'est pour les autres, les plus doués, les plus belles, les plus minces, le feu c'est pour les intrépides, ou les plus courageux, les plus libres ou les plus fiers.
Le feu, c'est pour les autres.
Ceci est effectivement un coup de blues.

lundi 10 octobre 2011

Juste bien

Parfois arrive un moment dans ta vie où tu sens que tu es au point d'équilibre.
L'essentiel va bien, tu as ce sentiment d'être plutôt juste, dans le bon, correct avec toi-même, de tendre à ça avec les autres aussi.
Tu sais que dans tous les domaines tu es au vrai, que chaque mot dit est un mot pensé, que chaque sourire est sincère, que chaque minute d'amour est cadeau, que chaque pas en avant t'apprend, et que tout ce qui arrive porte une part de positif, même si ce n'est pas toujours évident au premier regard, et que les doutes sont sains, pour une fois, et ton attitude bienveillante, tant pour toi que pour ce qui t'entoure.


C'est là. C'est ça. J'en suis exactement là. Sur le fil.

samedi 24 septembre 2011

Mais la vie, bordel !

Ce matin, au réveil –trop tôt, le réveil, trop tôt, un long mail. Un précieux. Je vous épargne le contenu, non par souci de vos yeux, d’ailleurs l’essence en est lisible ailleurs, mais c’est terriblement privé, et tant d'intime confiance. Et puis en fait non, c’est de la vie en concentré, même parler de la mort c’est dicible et pas forcément,…bref. Merde, quoi. Ah oui, je suis grossière, ça m’arrive, et là je dis merde. Merde parce que la vie c’est fatiguant, c’est épuisant, cet effort perpétuel –pour peu qu’on aie un peu le souci de vivre dans un monde social, avec des gens autour à qui on peut parler, réfléchir, penser, partager, tu vois un truc un peu interactif, la vie 2.0, toussa. Bref, si tu veux faire ça, et essayer d’être un peu compris par tes alters, tu dois te fatiguer, cherchant dedans toi ce que tu veux dire, et puis chercher les mots pour le dire, affiner, réfléchir, parfois changer d’avis, reformuler, hésiter, chercher les mots. FAIRE DES EFFORTS.

Hé oui, c’est pas facile, la vie, qu’est-ce que tu croyais ? Et puis parfois, tu en croises, des gens avec qui tu n’as pas besoin de beaucoup de mots, de ceux qui se collent à tes yeux ou à ta peau, et qui comprennent ton regard, ton désir, tes respirations. Plus ou moins, hein. Faut pas rêver, tu sais, on est toujours seul. Y’a personne d’autre dans toi ou au-dessus derrière à côté pour percevoir ce que tu perçois, pour entendre comme tu entends, ou pour râler sur les mêmes choses que toi. Postulat de départ : tu es seul. Je suis seule. Nous sommes seuls. Et ça, faut faire avec.

Mais quand tu croises un comme toi, bin fais le plein. Parce que tu ne sais pas combien de temps tu as pour dire tout ce que tu as à dire, parce que peut-être tu te plantes (déjà, ouais, ça arrive, ça m’est arrivé). Et puis surtout seul, on n'est pas assez fort. Peut-être qu'il faut trouver des béquilles, des appuis, des soutiens, pour s'aider les jours gris, et s'emmener plus loin, parce que l'émulation porte. Et sans doute que les précieux, ils nous apportent ça. Et si tu as la putain de chance de croiser l’humain rare qui te comprend un peu sans les mots, et bien tu sais ? Garde le précieux, hors de toi, mais précieux, il sera l’épaule pour ta tête fatiguée ou la musique pour tes oreilles saturées de bruit, te posera la question qui t’ouvrira peut-être une porte, ou nourrira ta faim. Peu importe comment vous fonctionnerez, tu auras cette chance immense de pouvoir être entendu, parfois. Ca n’a pas de prix.

Alors faut-il choisir de descendre du train ? Les deuils nous déchirent, comme la vie qui part. Mais arrêter la vie, c'est aussi courageux que pas, c'est quitter la partie en plein milieu -ou à la fin, va savoir ?-, c'est un choix personnel et strictement personnel. Rien ni personne n'a à dire ce qu’on peut ou doit encore encaisser avant de décider de mourir, ou de vivre.

Je vis encore, après mes expériences diverses, dans l’émerveillement presque lucide. J’essaie, et parfois je me trompe, de trouver le beau. Appelez ça comme vous voulez, je suis pour certains mièvre, et pour d’autres en quête d’une esthétique existentielle fondamentale, a priori je me fous du nom.

Je vis toujours. Je cherche toujours.. J’aime toujours. Et je crois que ce sera ainsi jusqu’à la fin de la partie.

Mais à mon ami précieux, je n’ai aucune réponse à donner. Dans ce fllm, à un moment donné, à la fin toute fin, l’une des sœurs prend la main de l’autre, la serre, et puis la relâche. C’est rien. C’est tout.

mardi 6 septembre 2011

La dérouillée

Il y a cette amie, qui sait les choses, je la connais, je l’ai reconnue. 
Il y a cet homme à la science percutée par le doute, qui quitte la scène avant d’y jouer un rôle. 
Il y a celle qui a besoin de tout faire bien, y compris la mort et flippe comme une malade quand ça ne se passe pas selon ses plans. Ca, c’est moi. Bin ouais. 

Je suis allée au cinéma, en sachant que ça ferait mal. Et je me suis pris une dérouillée de tous les diables. Je suis dans mon salon, les ambulances passent, il vente, et il pleut, et ce n’est pas la fin du monde. Y’a ça parfois, après une pièce ou un film, on se dit que plus jamais on ne sera comme avant, qu’on va se dépêcher de dire à ceux qu’on aime qu’ on les aime, qu’on comprend leurs failles parce qu’on a les mêmes, et si c’est pas les mêmes , alors on en a d’autres, mais quoi qu’il en soit on n’est pas parfait, on se dit qu’on va maigrir /grossir / arrêter de fumer / prendre soin de la planète / prendre soin de soi / ne jamais se trahir / ne pas se protéger stupidement de la vie / aimer moins, mieux autrement / écrire tout le bien qu’on en a pensé … Et en fait, on ne le fait pas, ou pas bien, ou trop tard, ou jamais. Alors comme c’est les vacances, que j’ai le temps, que je peux, que je veux, que j’ai encore fait tout à l’envers en ce mois d’août avec ma trouille de ne pas faire assez bien et finalement d’en faire trop, comme c’est ma vie et que je veux une fois au moins réagir sur un truc à chaud, et bien je le fais.

(Faux, c’est la 3e fois : j’ai réagi très fort quand j’ai vu le Cercle des Poètes Disparus,à 14 ans, et j’ai écrit. Même qu’Etienne s’était moqué de moi. Et j’ai réagi très fort quand j’ai vu Anne-Sophie Defêchereux dans Lovely Rita au Théâtre Universitaire de Liège. J’ai pleuré mais j’ai pas écrit. Et j’ai écrit un pamphlet sur le tabac en 1999, après avoir vu un spectacle au Festival du Théâtre Amateur de Namur, dont je ne me souviens plus du titre, mais je me souviens de la sensation. Bref).

Je suis allée au cinéma, sur les conseils d’un précieux, un de ceux que j’aime, à qui je ne dis pas assez (à lui pas souvent, aux autres un peu plus) que je les aime. Je vous passe le couplet sur les amis, je vous aime, les amours, je vous aime. Peu de mes précieux lisent mes trucs. Oh et puis non, c’est mon blog, j’écris ce que je veux. Pour ceux qui veulent pas lire, ou qui sont gênés d’avoir leur nom, ou frustrés de ne pas l’y retrouver (merde, je suis HUMAINE, je suis donc FAILLIBLE, et surtout ma mémoire l'est), vous pouvez passer directement au paragraphe suivant. Pour les curieux et ceux qui s'y cherchent peut-être, c’est parti : Virginie, Christophe, Anne, Bernadette, Benoît, Philippe, Caroline, Olivier, Greg, Céline, Jean-François, Brigitte, Bruno, Xavier, Thierry, Sylvia, Annie. Je vous aime. Ca, c'est fait.

Je suis allée au cinéma, voir un film sur la fin du monde. Même pas. Un film qui raconte l’histoire de deux femmes, qui vivent la fin du monde. Les gens autour, décorum, éclairent mais sont des pions. Mais ces deux sœurs, et la haine, et l’amour, parce qu’on peut miser sur l’inconditionnel de façon crédible : ce sont des sœurs. Je vais pas taper dans l’analyse intellectuelle, hein. Moi suis une INFP, je réagis au feeling, je suis une boule d’émotion pure, un truc pas gérable qui déborde d’amour, de mélancolie, de larmes, bref, un diamant (non, c'est pas pour me vanter, c'est pas moi qui l'ai dit) Et les diamants sont souvent déçus. Mais là, non. Là je suis pas déçue, je suis bouleversifiée.

Et ma réaction, elle est de survie : j'ai envie d’éliminer la peur de ma vie. J’ai fait des trucs déjà, dans ce sens-là, cet été et puis avant… Les photos de La chambre au miroir (que j’attends toujours hein, dis, comme ça en passant, sans vouloir te mettre la pression, je sais la vie tout ça, mais faudrait pas trop que tu joues avec mes cojones, babe, parce que ça m’angoisse à mort et comme je viens de le dire, je voudrais en finir avec la trouille, donc tu sais, hein). Le changement de job, et le défi de la composition avec des contraintes particulières, viser l’équilibre, sourire au requin. Bref, tu vois, j’ai fait des trucs contre ma peur. Et puis j’ai arrêté de fumer aussi, il y a 17 mois maintenant. Donc je suis capable de changer les choses. Et puis si j'écris encore vingt lignes, ce sera du grand n'importe quoi, je sais que je dois arrêter de parler et vivre, j'ai entendu le message. Et puis même, je l'ai regardé dans les yeux, le gars qui m'a dit ça.

Alors je vais déposer ma peur maintenant.



Ah oui, le film, c’est Melancholia, de Lars Von Trier.

samedi 3 septembre 2011

Bridget Jones Therapy

Quelques jours de vacances, après des débuts professionnels qui secouent un peu. Enfin, aujourd'hui surtout. Nous ne sommes pas dans le monde des bisounours, tiens... Et même, il y a des requins qui rôdent et tentent l'influence. Mais soit, peu importe, ça fait partie du jeu, je le savais aussi, même si sur le moment, c'est un peu blessant, et bien je compose avec cette dimension-là. Changement un.
Mais bon, la vie, ce n'est pas que le travail, pas vrai ? Alors ces quelques jours de congés, je me les donne, à moi, et personne d'autre. Prendre soin de mon âme, de mes écorchures, nourrir l'intérieur, oeuvrer au bonheur de chaque jour, seule puisque c'est ainsi... Retrouver mes précieux, le temps d'un café, d'un resto, d'une journée, et s'offrir les plaisirs simples.
Alors j'ai accepté l'aide d'un ami, pour me véhiculer dans ma mission . Avant je ne savais pas accepter cela. Changement deux.
J'ai fait d'abord les stocks, tout ça... Puis deuxième fournée : pour la première fois de ma vie, je n'ai acheté que des choses qui me font plaisir, qui me font du bien, me régalent le corps, me retapent, et sont autant de référents sentimentaux. Bordel, je choisis ma nourriture en fonction de mon humeur, et visiblement je suis en phase avec ces quelques jours de congé...
Feta, olives, houmous,... pour mes souvenirs de voyage.
Tortelloni aubergines lardons ail parce que c'est un plat que j'adore, et qui a désormais une histoire.
Pâte à tartiner aux noisettes artisanales, découverte chez un Verviétois sympa, et particulièrement efficace pour me mettre de bonne humeur le matin.
Philadelphia ciboulettes et chips buggle. Pour la soirée feignasse qui ne manquera pas d'arriver.
Vin blanc, pour mon visiteur de lundi, inestimable.
Pain complet et fromage qui pue. Souvenir bio et visite à Valériane.
Häagen Dazs Macadamia Nut Brittle. Sans autre explication.
Et ... évidemment... mélocakes et vin rouge. Parce que j'ai le coeur triste, et que ce soir c'est "thérapie Bridget Jones".

Tu veux un verre ?

lundi 29 août 2011

Elles m'ont dit...

Aux âmes pures les grandes émotions.
La joie s'équilibre, et l'amour aussi.
Quand un vrai sourire naît, il n'est pas rare qu'un drame se produise dans un intervalle rapproché.
Car les âmes qui se trouvent ont besoin de se libérer pour vivre pleinement leurs retrouvailles.
Sois en paix, car tu as été trouvée. Et tu es au plus près de toi, vraie.


Ces mots, je les ai entendus à deux reprises, de deux femmes différentes, qui ne se connaissent pas.
L'une me connaît, bien même je crois, et l'autre à peine. Elles ont en commun une empathie exceptionnelle.
J'ai envie de les croire. Pourtant ce n'est pas rationnel, ce n'est pas attesté, ce n'est pas démontrable.

La vie.

dimanche 14 août 2011

Jusqu'à demain.

Tout peut s'arrêter ainsi. En l'état. J'aurai au moins connu la joie.

Un jour à la fois, savourer ce qui est. Essayer de retrouver la joie, malgré l'absence, le temps, le silence.

Garder au coeur la folie douce, et la foi.

Peu ont cette chance de croiser pour quelques heures ou une vie de telles étincelles.

J'ai appris le sourire à en avoir mal aux mâchoires, et les talons hauts. Ma vie est belle. Riche, écorchée, légère et triste. Mais belle.

Pleine

Quand la marée se retirera, il restera quelques mots, et la joie.Ma plume se tarira. Ma vie réelle se consumera.
Je n'ai pas la force tout le temps. Certains jours, la vague gagne, et je repars vers la mer. Je doute et me sens seule au monde, malgré la joie, malgré l'essence, malgré le dit. Les jours fragiles, où je me balade dans les émotions, je voudrais être minuscule, et me protéger de tout. Et puis je sais que la vie me goûterait moins, et que ce ne serait pas moi. Alors j'accepte, je me laisse ballotter... Demain ça ira mieux. Demain je sais que tout cela va se dissiper calmement, et que nous trouverons les mots. Cela n'a même rien à voir avec la joie, je pense que c'est la lune... Et le lien.

mardi 9 août 2011

Délicatesse

Ce qui est tu est protégé par ma peau. Les silences prennent corps, et j'y laisse un peu de moi.
J'ai rêvé longtemps. Désormais le réel, danse tribale aux facettes miroitantes, heures absolues, bleutées, nordiques.
J'ai dit les rêves. Désormais le possible, elles se sont percutées, mes vies. L'énergie d'une fusion, dans la réconciliation avec soi, dans la paix entre tout et rien, entre hier et demain.
Je vis, ici et aujourd'hui. Je porte en moi la force fragile, et la folie douce. Je ne suis pas paradoxe, je suis multiple.
J'ai dit mes plusieurs, et j'ai écouté aussi. Et j'ai parlé d'amour.



Je crois que c'est la première fois que j'écris ce mot avec ce sens-là sur ce blog.

dimanche 24 juillet 2011

Chut

Un trouble délicat, dans mon quotidien soleil, comme un rayon de plus qui éclaire les heures de la nuit.
Le réel est entré par la fenêtre, et prend ses aises dans mes vies croisées. Et c'est bon comme une nuit de pleine lune. Les cloisons tombent comme des armures, et les mots balaient les doutes.Même dans les silences.
J'avance.

dimanche 17 juillet 2011

Apprendre

Croire que l'on se protège, et s'émouvoir encore.
Et être heureuse, non pas de l'espoir de ce qui pourrait.
Juste de la beauté de ce qui est.

mardi 12 juillet 2011

Mais rien ne remplace l'odeur (2)

Et après quelques temps , le matin est venu.
Mes souliers rouges étaient toujours délacés au pied du lit.
Le geste était resté, juste effacé par trop de fougue, mais l'empreinte sur ma peau est bien visible.
Je pouvais danser, et reprendre ma vie, mon corps, mes espoirs, malgré l'effroi du temps devenu vide, et pourtant.
J'ai goûté une vie. Peu importe, j'en ai d'autres. Cela ne compte pas.
Je suis debout, je suis libre, et j'aime, j'aime au-delà du silence.
Ma peau tient mes os, et mes yeux tiennent mon âme.
Ne regarde pas trop loin si tu n'es pas courageux, la louve est encore là.

Mais rien ne remplace l'odeur (1)

Et chaque chose est à sa place, et le calme est revenu.
Les espoirs se diluent dans un silence d'écorchure. Les mots trop généreux encore se mangent et se taisent. J'écris, comme un marathonien s'entraîne, pour garder le rythme et ne pas oublier mes objectifs au long cours. Je donne très bien le change : j'ai appris, à faire ça. Là où on soupçonne le coup de fatigue, les excès du week-end se réfugient les renoncements.
Je ne savais pas, autrefois, avant.
J'ai appris, depuis, à protéger mes rêves des toxiques dérives, à protéger ma peau des manques les plus basiques, à protéger mes yeux des larmes prévisibles.
Je rationalise à mort. Je trouve cent cinquante bonnes excuses à la minute, pour justifier de ne pas insister, de ne pas se battre, puisqu'il n'y a pas de lutte, il n'y a que moi.
Je doute, évidemment. Moins. Je sais mes forces et mon super-pouvoir de générateur de bonheur, j'arrive presque à y croire dur comme ... fer, que j'en vaudrais la peine, pas moins qu'une autre qui aurait moins de fesses ou plus d'os. Je ne serai pas dévastée par les heures bleues des percussions mal-nées, y'avait kapa se mettre dans la gueule du loup.
Je fais bien semblant, je badine, je ris à coup de virtualité... Mais rien ne remplace l'odeur.

Un matin, je me réveillerai calme, et sereine. Ou pleine de bleus oranges, mais vivante. Et j'écrirai une autre phrase. Et je dirai que cela n'a pas compté. Peu sauront que je mens,  sur le fil . Parce que finalement, peut-être n'était-ce qu'une illusion, un intérêt sans audace, un café dont l'amertume gâche les saveurs ...

Le silence dit.


(à suivre)

mercredi 6 juillet 2011

Positiviste un jour..

Je crois bien que ma force, ce sont mes lunettes roses.
Je viens de changer de job, je gère la fatigue nerveuse que ça entraîne forcément très basiquement : je souris. Je souris encore, et encore, parce que je trouve franchement que ma vie est belle.
Naïve ? Non. Aveugle ? Non plus.
Au contraire. C'est un choix. Une volonté.
Je ne vis pas dans le monde des bisounours. Je vois les mêmes ennuis que tout le monde, la crise, les horreurs du nucléaire, les dérives, j'ai des fins de mois très serrées, des soucis au quotidien , et des moments de blues profond très profond.
Mais j'ai décidé une bonne fois pour toutes que j'avançais, et que je voulais du bonheur, construit avec ceux qui choisissent d'en être, à hauteur de mes appétits de vie, .
Et j'ai très très faim.

Ca te choque ?

jeudi 30 juin 2011

Premiers jours, premiers mots. Ecrire quelques heures par jour, sur des sujets imposés. Trouver l'intérêt, le point d'accroche, la porte d'entrée. Remplir la tête, et vider le stylo.
Ca permet d'éviter de se poser des questions sur d'autres plans.
Genre pourquoi je garde une carte orange dans ma trousse à grigris bonheur ?

Le silence, le soir. C'est dur.

mercredi 22 juin 2011

Voir venir...

Je relis ce que j'écrivais hier...
Et cela me paraît bien sombre, le blues sans doute...
Pourtant j'ai cette impression persistante d'illumination, et de "tout est possible".

Je veux tout et rien à la fois, c'est cela : tout est possible, et je n'attends rien de précis, je n'ai rien construit dans ma petite tête tordue, je veux inventer le fil au fur et à mesure des heures, sans scénario, sans idées préconçues. C'est un exercice difficile, qui me demande une grande vigilance.C'est sans doute le résultat de ces dernières années, des discussions précieuses et des murs fracassés. 

Construire sa vie sans plan de carrière, entre l'improvisation culinaire et l'expérimentation chimique : tu peux identifier les ingrédients qui te plaisent, tu peux imaginer le résultat final, mais tant que tu n'es pas passé à la pratique, tant que tu n'as pas sorti les casseroles, ou mis en présence les atomes réactifs, c'est invérifiable. Et c'est très bien ainsi.

mardi 21 juin 2011

Hors cadre.

Pas envie de mots liquoreux et dégoulinants d’une mièvrerie incomplète. Parler. Mettre le son. Dire le nom. Creuser l’angoisse subite, prévisible et pourtant, inventer  la limite, poser la mienne, et l’exploser.
Il n’est d’existence que précieuse.
Il n’est de plaisir que partagé.
Il n’est de projet que. Pas de mots.
Il n’est de projets.
Prendre ce que la vie offre, en savourer le grain fin, la luminosité discrète, l’anonyme dans la foule des touristes. Je ne veux pas raconter ce que je vis, je veux dire ce que je ressens.  Acceptez mes silences des faits, cela ne regarde que moi. Mais cherchons,  s’il vous plaît, à comprendre le fil rouge, l’émotion, le trouble et la décantation.

On a passé le mixer à l’intérieur. Je suis brouillard. Dire « je ne sais pas ».  Dire « j’ai peur et j’ai envie ».
Je suis grise et grisée, j’ai enlevé l’imaginaire pour mettre du réel à la place,  confuse, entre ce que j’ai perdu, et ce que j’ai trouvé. J’ai remplacé l’idéal,  par l’idéalisé, humanité faillible. Parce que je m’émerveille encore et toujours des belles choses, comment ne pas ouvrir les yeux tout bleus ?

Et puis refuser la facilité, la frustration et la paresse.  Il y a la notion d’impossible, un jamais assené comme du répulsif pour chatte. Evidemment.

Je veux tout : vivre un amour exaltant, un boulot passionnant, des fous rires avec mes enfants. Et réfléchir une seconde. C’est pas loin, c’est possible.Je veux des heures de conscience acide et d'autres d'oubli, des balises claires et des envolées lyriques, des repères rassurants et des vertiges enivrants, du soleil sous la pluie, de l'amour et du sexe, de l'organisation soignée et de l'improbable imprévu..

Je veux tout et son contraire, rien, le vide. Et même je dis: rien que « vouloir » c’est déjà trop.  Car s’il n’y a que ma volonté, rien n’est vrai. Car si l’être n’est que d’argile, cela n’est pas assez.  

Je ne veux rien.  Rationnellement, rien n’est. Ce qui n’est dit n’existe pas, le verbe crée l’histoire. Alors tout a été vécu. Mais que reste-t-il ? Pas une odeur, pas un cliché, pas même un rêve. Si notre mémoire nous laisse tomber, que saurons-nos de nos vies ? Et si tout cela ne servait qu’à masquer l’indicible : nous  savons qu’

au bout, il y a la mort. 

On ne ralentit pas le temps, on peut juste le remplir à ras bord pour évider le sens, ou s’arrêter, se poser, et penser un coup.

Il n’y a qu’une question, et il n’y a qu’une vie.